03/04/2025 francesoir.fr  15min #273735

L'Oms au bord du gouffre financier : le prix d'une politisation de la science et d'un gestion politisée de la crise covid-19

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Xavier Azalbert, France-Soir

L'OMS au bord du gouffre financier : le prix d'une gestion politisée de la crise COVID-19

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) fait face à une crise majeure suite à la menace de retrait des États-Unis, qui financent 16 % de son budget, un départ qui pourrait réduire ses ressources de 20 %. Cette menace, annoncée le 6 février 2025 par Mario Nawfal sur X qui reprenait une déclaration de Donald Trump, s'inscrit dans un contexte de critiques acerbes sur la gestion politisée de la crise COVID-19 par l'OMS. L'organisation est au centre d'une polémique sur le retard de l'utilisation des corticostéroïdes, malgré des preuves de leur efficacité dans le SDRA, et d'avoir marginalisé des traitements précoces comme l'ivermectine et l'hydroxychloroquine, tout en promouvant rapidement des vaccins expérimentaux. Ces décisions, marquées par des soupçons de conflits d'intérêts et une politisation, ont érodé la confiance internationale, comme en témoignent les réactions virulentes sur X. Les médias traditionnels, loin de critiquer, ont souvent amplifié les erreurs de l'OMS en ne vérifiant pas ses recommandations. La nomination de Jay Bhattacharya à la tête du NIH, avec sa volonté de restaurer une science indépendante de la politique, signale un véritable tournant. L'OMS, confrontée à une crise de légitimité et financière, risque de voir ses jours comptés si elle ne se réforme pas, laissant place à une science plus transparente et rigoureuse.

L'OMS traverse une crise sans précédent. 𝕏 Le 6 février 2025, Mario Nawfal a révélé sur X une proposition choc de l'administration Trump : une réforme radicale de l'OMS, assortie d'une menace de retrait des États-Unis si des changements majeurs ne sont pas mis en œuvre (𝕏 Mario Nawfal, 6 février 2025). Les États-Unis, qui représentent une part significative du budget de l'OMS, pourraient plonger l'organisation dans un gouffre financier en cas de départ, mettant en péril ses initiatives de santé mondiale. Mais, derrière cette menace se cache une critique plus profonde : la gestion controversée et politisée de la crise COVID-19 par l'OMS, marquée par des décisions médicales contestées, notamment sur les corticostéroïdes, l'ivermectine et l'hydroxychloroquine, qui ont érodé la confiance internationale.

ANALYSE : une gestion médicale sous le feu des critiques

Les corticostéroïdes : un retard aux conséquences tragiques

Dès les premiers mois de la pandémie, l'OMS a publié des lignes directrices intérimaires pour la gestion clinique du COVID-19. Le 12 janvier 2020, elle recommandait de ne pas administrer systématiquement de corticostéroïdes pour traiter la pneumonie virale ou le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) en dehors des essais cliniques, sauf indication contraire (analyse du collectif citoyen de France-Soir avec l'aide d'expert en analyse scientifique). Cette position s'appuyait sur des études observationnelles antérieures sur le SRAS et le MERS, qui montraient un manque d'efficacité des corticostéroïdes et des risques potentiels, comme un retard dans l'élimination virale ou des effets secondaires graves (nécrose avasculaire, psychose, diabète). Cependant, les conclusions du collectif citoyen de France-Soir (29 mars 2021) souligne une faille majeure : la revue systématique de Stockman, citée par l'OMS, ne concluait pas à un « manque d'efficacité », mais plutôt à une incapacité à déterminer si les traitements, y compris les corticostéroïdes, étaient bénéfiques ou nuisibles (OMS Interim Guidance 12/1/2020, section 7.1.8).

Cette recommandation initiale de l'OMS a été remise en question par des experts. Jesús Villar et ses collègues,  dans une analyse publiée en 2020, ont plaidé pour l'utilisation prolongée de corticostéroïdes dans le SDRA lié au COVID-19, arguant que l'inflammation dérégulée observée, ou « orage cytokinique » était similaire à celle du SDRA non viral, où les corticostéroïdes ont démontré des bénéfices. Villar et al. ont critiqué l'approche de l'OMS, estimant que ses conclusions reposaient sur des preuves incomplètes et ignoraient le potentiel des corticostéroïdes pour réduire l'inflammation et accélérer la résolution de la maladie.

Le revirement de l'OMS est survenu plus tard, avec les résultats de l'essai RECOVERY. Le 17 juin 2020, le professeur Peter Horby, co-investigateur de l'essai et conseiller non-OMS de l'organisation, a déclaré à CBS News : « Nos mâchoires sont tombées quand nous avons vu les résultats… Si nous avions su cela il y a quatre ou cinq mois, nous aurions sauvé des dizaines de milliers de vies ». Cet essai a démontré que la dexaméthasone, un corticostéroïde, réduisait la mortalité chez les patients COVID-19 gravement atteints. Mais cette déclaration a suscité l'étonnement car Horby faisait partie des experts ayant contribué à retirer la recommandation des corticostéroïdes en janvier 2020, alors qu'il avait lui-même ajouté, dès mars 2020, dans le protocole de RECOVERY, que des données suggéraient des bénéfices des corticostéroïdes : « Un volume croissant de données d'essais cliniques suggère des avantages en ce qui concerne la mortalité et la durée du séjour à l'hôpital » Pourquoi cette surprise, alors que les preuves s'accumulaient déjà ? Selon l'analyse rapport du collectif citoyen, cette incohérence révèle une approche de l'OMS « inadaptée » à la crise avec de nombreuses interrogations sur le rôle plus qu'opaque des uns et des autres.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : lorsque l'essai RECOVERY a publié ses résultats, l'OMS recensait 440 290 décès liés à la COVID-19 dans le monde. Combien de vies auraient pu être sauvées si les corticostéroïdes avaient été recommandés plus tôt, ou n'avaient pas été sortie des recommandations avec des recherches appropriées sur le dosage et le timing ? L'analyse du collectif citoyen pose la question sans détours, soulignant l'absence de mention des corticostéroïdes pour les syndromes hyperinflammatoires dérégulés dans les premières lignes directrices de l'OMS. Une information qui ne manquera pas d'intéresser les enquêteurs.

L'Ivermectine : une suppression controversée

La gestion des corticostéroïdes n'est pas la seule à avoir suscité des critiques. L'ivermectine, un antiparasitaire reconnu pour sa sécurité, a été au centre d'une autre controverse. Malgré des études initiales prometteuses sur son efficacité comme traitement précoce contre la COVID-19, l'OMS a recommandé de ne pas l'utiliser en dehors des essais cliniques, une position qui a alimenté les soupçons de partialité. Une  méta-analyse en temps réel recense 277 études sur l'ivermectine pour la covid-19, dont 217 revues par des pairs et 105 comparant des groupes de traitements et de contrôle. Cette analyse montre des résultats positifs dans de nombreux contextes, notamment une réduction de la mortalité et une efficacité en prophylaxie, l'ivermectine ayant été adoptée dans 24 pays (40 en incluant les organisations médicales non gouvernementales). Pourtant, l'OMS a ignoré ces données, s'appuyant sur des analyses contestées, notamment celles d'Andrew Hill, un chercheur affilié à l'Université de Liverpool.

Hill a révélé  dans The Guardian (2021) avoir reçu des menaces de mort après avoir dénoncé des fraudes dans des essais sur l'ivermectine, mais des questions persistent sur ses conclusions et les pressions qu'il aurait subies. Des plaintes sont en cours contre Hill et Dominique Costagliola, une épidémiologiste française influente, ainsi que d'autres personnes pour leur rôle dans la marginalisation de l'ivermectine. Bien qu'une enquête initiale ait été classée, des documents clés ont disparu, et le financement de l'Université de Liverpool par Unitaid et la Fondation Gates – qui ont des liens étroits avec l'OMS et des intérêts dans les vaccins – soulève des soupçons de conflits d'intérêts et d'actions contraires à l'intérêt des patients. Par ailleurs, des études indépendantes, ont démontré l'efficacité de l'ivermectine lorsqu'elle est administrée tôt. Pourtant, l'OMS a préféré s'appuyer sur des essais cliniques à grande échelle, souvent inadaptés à l'urgence de la situation, avec de nombreux biais analytiques et des doubles standards non appliqués à d'autres traitements comme les thérapies géniques.

L'hydroxychloroquine : un double standard flagrant

L'hydroxychloroquine, utilisée depuis 70 ans sans aucun décès rapporté dans la littérature médicale, a également été marginalisée par l'OMS. La méta-analyse en temps réel  c19hcq.org recense 611 études sur l'hydroxychloroquine pour le COVID-19, dont 488 revues par des pairs et 422 comparant des groupes de traitements et de contrôle, montrant des bénéfices, notamment lorsqu'elle est administrée tôt dans le cours de la maladie. Cependant, l'OMS et d'autres autorités, comme la FDA, ont mis en garde contre son utilisation en dehors des hôpitaux ou des essais cliniques, citant des risques de  troubles du rythme cardiaque. Une méta-analyse internationale publiée dans Nature Communications a même associé l'hydroxychloroquine à une augmentation de la mortalité chez les patients COVID-19, bien que  ces conclusions aient été critiquées pour leur méthodologie. Ce contraste entre les données plus que positives, (réduction de l'hospitalisation et de la mortalité de 58%), des études précoces comme  l'étude sur la cohorte de 30 423 patients soignés à l'IHU méditerranée et les recommandations restrictives de l'OMS illustre un double standard : alors que l'hydroxychloroquine et l'ivermectine étaient écartées, l'OMS a approuvé les vaccins expérimentaux contre la covid-19 avec des standards bien moins rigoureux, malgré des données limitées sur leur sécurité à long terme.

Un  sondage de France-Soir et BonSens.org (27 mars 2025) sur un échantillon représentatif de 1200 Français a révélé que jusqu'à 4,5 millions d'effets secondaires liés à la vaccination pourraient avoir été recensés en France, alimentant la méfiance envers les autorités sanitaires. Ce traitement inégal des options thérapeutiques a renforcé les critiques selon lesquelles l'OMS aurait privilégié des agendas politiques et financiers au détriment de la santé publique.

Une politisation dénoncée sur les réseaux sociaux

Sur X, les critiques pleuvent. Un médecin appelle à « 𝕏 laisser l'OMS mourir», la qualifiant de « trop corrompue pour être réformée ». Certains dénoncent une organisation « 𝕏 anti-américaine, anti-israélienne, achetée pour couvrir la Chine et la Fondation Gates ». Ou vont plus loin comme en décrivant l'OMS comme une « 𝕏 organisation terroriste déguisée en agence de santé publique», visant à instaurer un contrôle mondial via le concept de « One Health ». Ces réactions reflètent une perte de confiance généralisée, exacerbée par des soupçons de conflits d'intérêts. L'analyse du collectif citoyen de France-Soir note que de nombreux experts impliqués dans les lignes directrices de l'OMS, comme Peter Horby et Kenneth Baillie, étaient également liés à des essais cliniques financés par la Fondation Gates, l'UE et le gouvernement britannique, sans mention claire des conflits d'intérêts.

Le rôle complice des médias traditionnels

Les médias traditionnels, censés jouer un rôle de contre-pouvoir, ont largement failli à leur mission pendant la crise COVID-19. Loin de critiquer les décisions de l'OMS, ils adoubèrent souvent ses recommandations sans vérification rigoureuse, amplifiant ainsi ses erreurs et ses manquements scientifiques. En France, ils n'ont pas apporté de crédit à la voix de 30 423 patients soignés avec succès par l'IHU méditerranée, un centre d'expertise en maladies infectieuses que le monde envie à la France. De plus, des études contestées sur l'hydroxychloroquine, comme celle publiée dans Nature Communications et relayée sans nuances, ont contribué à discréditer ce traitement, malgré des méta-analyses positives ( c19hcq.org).

Ou encore le relai de l'étude frauduleuse Pradelle-Lega qui tentait de montrer qu'il y aurait 17000 décès dans le monde de l'hydroxychloroquine. Contestée dès le début par France-Soir et des associations comme BonSens.org qui écrira une lettre de préoccupation à l'éditeur Elsevier, cette étude sera rétractée en aout 2024 sans que les médias parlent de cette rétractation. De même, les médias ont largement ignoré les données prometteuses sur l'ivermectine, préférant relayer les mises en garde de l'OMS ( c19ivm.org).

Cette absence de journalisme d'investigation a non seulement renforcé la désinformation, mais aussi privé le public d'un débat équilibré sur les options thérapeutiques, contribuant à la méfiance envers les institutions sanitaires. Une pollution informationnelle sans pareille que dénonce France-Soir : «  quand les médias et prétendu fact-checkers altèrent la qualité de l'information ».

Les conséquences financières d'une crise de légitimité

Un retrait américain serait un coup dur pour l'OMS. Selon le site officiel de l'OMS,  l'organisation tire son financement de deux sources principales : les contributions obligatoires des États membres (calculées selon leur richesse et leur population) et les contributions volontaires de divers partenaires, y compris les États, les organisations intergouvernementales, les fondations philanthropiques et le secteur privé.

Les États-Unis, en tant que plus grand contributeur, jouent un rôle crucial : 7,8 milliards de dollars en 2023, 16 % du budget total de l'OMS - leur retrait annoncé pourrait forcer l'organisation à réduire son budget de 20 %. Cette estimation est cohérente avec une  analyse de Johns Hopkins, qui évalue la contribution américaine entre 12 et 15 % du budget, une perte qui compromettrait des programmes cruciaux comme la réduction des décès infantiles ou la distribution de vaccins.

Au-delà des finances, c'est la légitimité de l'OMS qui est en jeu.  @dogeai_gov voit dans la proposition de Trump un « signal d'alarme », exigeant que l'OMS cesse de « jouer à des jeux politiques » et se concentre sur la santé. La réforme proposée inclut des demandes de transparence, la fin des liens avec le Parti communiste chinois, et l'inclusion de Taïwan – des exigences qui, bien que géopolitiques, s'appuient sur des critiques légitimes de la gestion de l'OMS.

Jay Bhattacharya : un espoir pour une science indépendante aux Etats-Unis. Un modèle pour les autres pays ?

Un vent de changement souffle avec  la nomination de Jay Bhattacharya à la tête des National Institutes of Health (NIH) en janvier 2025 ( STAT News, 15 janvier 2025). Bhattacharya, co-auteur de la Déclaration de Great Barrington, s'est fait connaître pour ses critiques des politiques de confinement et des approches uniformes pendant la crise COVID-19, plaidant pour une science guidée par les données et non par la politique.

Sa nomination, saluée par de nombreux scientifiques indépendants, vise à redonner ses lettres de noblesse à la recherche médicale. Bhattacharya a déclaré vouloir « restaurer la confiance dans la science en la libérant des influences politiques et des conflits d'intérêts », une mission qui pourrait influencer les réformes globales des institutions comme l'OMS, en mettant l'accent sur la transparence et la rigueur scientifique.

Des licenciements massifs aux États-Unis

Le 1ᵉʳ avril 2025, sous l'impulsion de l'administration Trump et du secrétaire du HHS Robert F. Kennedy Jr., une vaste vague de licenciements a touché les agences de santé américaines. La FDA a perdu environ 3 500 employés (19 % de son effectif), le NIH environ 1 200 (6 %), et le HHS a vu son personnel réduit de 82 000 à 62 000 (24 %). Ces coupes, visant à réduire la bureaucratie et les dépenses, ont affecté des départements clés comme la réglementation des médicaments, la recherche scientifique et les programmes de santé publique.

Soutenues par le "Department of Government Efficiency" d'Elon Musk, ces mesures s'inscrivent dans une restructuration controversée, critiquée pour ses risques sur la sécurité sanitaire et la recherche, mais défendue comme une réforme nécessaire par Kennedy et ses alliés. Le changement est en marche.

Vers une réforme ou une dissolution ? Un avenir incertain pour l'OMS

Face à cette crise, l'OMS est à un tournant. Tedros Adhanom Ghebreyesus, accusé de  « mauvaise conduite » par l'Éthiopie, est sous pression. La proposition de Trump de nommer un Américain à la tête de l'OMS en 2027 pourrait redéfinir son leadership, mais beaucoup doutent de sa faisabilité. Tom Renz estime que  « l'OMS est irréparable » sans des mesures radicales, comme la mise en cause de Tedros et de son équipe ( RenzTom, 6 février 2025). D'autres, comme appellent à  « abandonner» l'organisation, une idée illustrée par une image virale sur X avec le slogan "Ditch it" ( reerob2247, 6 février 2025).

L'OMS paie aujourd'hui le prix de ses choix controversés pendant la crise COVID-19. En retardant l'utilisation des corticostéroïdes et en marginalisant des traitements précoces comme l'ivermectine et l'hydroxychloroquine, tout en promouvant rapidement des vaccins expérimentaux, elle a alimenté une méfiance mondiale. Si elle ne répond pas aux exigences de réforme, un retrait américain pourrait précipiter sa chute financière et opérationnelle, avec une réduction de budget estimée à 20 %. Les jours de l'OMS, telle que nous l'avons connue, sont probablement comptés. La science et la vérité scientifique, portées par des figures comme Jay Bhattacharya, prendront le pas sur le mensonge institutionnalisé, ouvrant la voie à une nouvelle ère de santé publique fondée sur la transparence, la rigueur et l'efficacité.

Le patient y gagnera.

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